Été 2008

 Les Drus

Le lendemain, le mauvais temps avec les orages ne nous laisse pas beaucoup d’alternative : repos, recharge des batteries, point matériel, bons repas….
Nous repoussons donc à demain notre montée vers le pied des Drus.  

Ce jour de « battement » sous le mauvais temps nous permet de prendre contact avec Julien, un de mes amis de la promotion d’Aspirant Guide, qui paraît enthousiaste à l’idée de partager avec nous la face nord des Drus. Nous partons vers la mi journée pour le pied des Drus. L’évolution se fait dans le mauvais temps où nous ne voyons pas à deux mètres ; la progression sur le glacier du Nant blanc en devient même délicate. Mais nous nous en sortons bien avec une arrivée comme prévu sur le rognon au pied des Drus. Nous trouvons un emplacement de bivouac trois étoiles, et tout en dînant, contemplons cette face nord rougeoyante de fin de journée.
Approche aux pieds des Drus
Le lendemain nous partons de nuit vers les quatre heures du matin. Nous remontons le glacier jusque vers l’altitude 2800m qui marque le début de la voie. Les premières longueurs ne se laissent pas avaler si facilement, la glace déjà présente dans le bas laisse présager un itinéraire beaucoup plus difficile que prévu…Le vent fort prévu pour ce jour n’est pas encore au rendez vous et nous pensons même qu’il sera absent. A peine nous ébruitons l’idée que le vent se met à se lever accompagnant le lever de soleil. Nous atteignons rapidement le socle où nous évoluons en corde tendue. L’ascension reste vraiment rude étant donnée les conditions…il fait froid très froid et le vent souffle sans cesse à plus de 80km/h. Les longueurs suivantes sont beaucoup plus difficiles et Juju s’emploi à grimper en tête ses superbes longueurs souvent en « dry ». Nous atteindrons la niche vers la mi journée.
Ascension des Drus
Les chaussons d’escalade nous sont inutiles car les longueurs sont pour la plupart  agrémentée de glace et le temps est beaucoup trop froid ; nous grimperons donc en « grosses ».
La traversée de la niche est superbe et l’arrivée au dessus de la face ouest magnifique… mais le vent redouble de puissance, nous observons les « barbules » qui fouettent la face et paraissent se déplacer à 100km/h.

Après les superbes longueurs de Juju en tête, c’est moi qui prends la relève pour la seconde partie de la face. Et dès le début … erreur d’itinéraire ; je pars un peu trop à gauche attiré par deux fissures parfaites. L’escalade est grandiose mais beaucoup plus dure que les cotations annoncées par le topo. Les longueurs suivantes sont également difficiles, mais au prix de beaucoup d’effort, nous arrivons au pied de la fissure Alain. Je suis obligé de grimper à main nue étant donnée les cotations et mes mains éclatent avec la combinaison du froid et de l’abrasion du granite. Les efforts ne sont pas encore terminés, il faut s’employer pour cette fissure Alain glacée de 40m, pour les toits au dessus, les fissures suivantes et le mixte du haut de la face !!!
Ascension des Drus
Evoluer à trois dans cette face nous retarde un peu mais reste un grand avantage. Il y en a toujours un sur les trois pour motiver les troupes, sortir une blague et détendre l’atmosphère, ranger la corde pendant que l’autre assure (…). Notre cordée fonctionne superbement bien, et l’ascension en est ainsi encore plus agréable. S’ajoute à cette superbe escalade un esprit de camaraderie sympathique. Ce premier jour d’ascension, nous nous arrêterons vers 22h30 sur une vire de Quartz, 70m sous le sommet. La fatigue est importante, la nuit noire, nous décidons de dormir ! sur notre vire et de finir tranquillement le lendemain matin.

Malgré la position assez inconfortable de notre couchage, nous dormons bien sous le poids de la fatigue. Réveil vers les 10h pour max et moi. Juju réveiller depuis une petite heure nous à déjà préparer le café et les chocos…merci !

C’est max qui nous libère en tête la dernière longueur ; et tous les trois joignons le sommet pour un grand moment de bonheur et de contemplation. Nous ne voulons pas nous presser, et nous profitons alors pendant un long moment du sommet. Après un jour et demi dans cette face austère, tout y est agréable : le calme, le soleil brûlant, l’absence de vent, les plates formes larges…
Sommet des Drus
Allez, redescente à la Charpoua par le petit Drus et le glacier chaotique au dessus du refuge. Nous croisons ensuite Stéphane Benoist avec un groupe CAF à la Charpoua et buvons quelques bières avant de redescendre de nuit en vallée.
Rescente sur le refuge de la Charpoua
Une très belle aventure vient de se passer sur cette face des Drus et pour tous les trois un grand moment dans notre petite vie d’alpiniste.
Nous remercions vraiment Juju pour sa compagnie lors de cette ascension et pour tous ce qu’il a apporté lors de l’ascension : technique, bonne humeur, thermos !!! et musique entraînante…  

Suite du programme pour max et moi, ravitaillement et montée au bassin d’Argentière pour le Dolent.