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Alpinisme

 Yan Giezendanner. Le routeur des cimes

couverture routeur des cimes. terra novaL'homme qui gravit l'Everest dans un fauteuil roulant
Tribune de Genève. Lundi 23 juillet 2007.

Yan Giezendanner, célèbre routeur d'alpinistes, explique sa méthode de travail dans un livre. Passionnant.

"J'ai réussi l'Everest au moins une vingtaine de fois." Le propos peut paraître prétentieux quand on sait qu'il est tenu par un homme cloué dans un fauteuil à cause d'une sclérose en plaques. C'est mal connaître Yan Giezendanner, ce Saint-Gallois d'origine et Chamoniard d'adoption devenu le météorologue favori des alpinistes. L'homme est humble, comme la plupart des montagnards, auxquels il fournit des prévisions du temps sur mesure.

Pour la première fois, Yan Giezendanner raconte, dans un livre (Le routeur des cimes), sa méthode de travail mais aussi les relations qu'il entretient avec les alpinistes, les succès et les drames. "Les montagnards ne sont pas des littéraires. Je voulais un ouvrage précis, allant à l'essentiel, facile à lire", explique-t-il. D'où le choix du livre d'entretien mis en forme par notre consœur de France 3 Alpes Françoise Guais. Le résultat est probant. Le routeur des cimes se dévore d'un trait.

Un recul nécessaire
Yan Giezendanner raconte ses premiers routages dans les Alpes dans les années 80, la révolution de l'arrivée simultanée d'Internet et des téléphones satellitaires, qui lui permettent d'être un compagnon de cordée invisible à des milliers de kilomètres de distance. "Etant éloigné géographiquement, j'ai davantage de recul et de détachement pour prendre une décision sur l'opportunité de partir à l'assaut d'un sommet."
Yan Giezendanner se définit comme l'interface entre la machine, qui fournit les données pour établir une prévision, et l'alpiniste. "Je prends le risque de lui faire réussir ou rater le sommet, voire de l'envoyer à la mort..."

Vivre avec les drames
Le routeur porte un regard sans complaisance. "Pour moi, les alpinistes cherchent à prouver qu'ils sont vivants en côtoyant la mort." Il sait de quoi il parle : "Depuis une trentaine d'années à Chamonix, j'ai plus de copains ou d'amis disparus que vivants..." Les drames, Yan Giezendanner ne les occulte pas dans son livre. Notamment la mort de son grand complice Patrick Berhault et celle de Jean-Christophe Lafaille, en janvier dernier, alors qu'il tentait la première hivernale du Makalu. On y apprend que Lafaille est parti trop tard pour l'assaut en raison d'une trop bonne nuit et d'un mauvais réglage de montre.
A chaque fois, Yan Giezendanner se pose des questions sur sa responsabilité. Avec pour consolation, la certitude qu'aucun alpiniste n'est mort suite à une prévision erronée qu'il aurait faite et, qu'au contraire, il a sauvé de nombreuses vies grâce à ses conseils. "Mais je suis clairvoyant. Je sais que ce boulot me conduira à d'autres enterrements..."
Michel EGGS.

Yan Giezendanner, le routeur des cimes.
"Je ressens un plaisir intense lorsqu'un alpiniste m'appelle du sommet de l'Everest et que je l'entends, essoufflé, me dire qu'il pense à moi. Mais le jour où un alpiniste mourra parce que ma prévision n'était pas bonne, j'arrêterai."
Lucien Fortunati



Le troisième homme.
Alpes magazine n°106

Dans le monde de l'alpinisme de haut niveau, Yan Giezendanner, "routeur" météo, est devenu le troisième homme de la cordée. Avec l'alpiniste Patrick Berhault, Yan partageait plus que la complicité du risque. Dans Le Routeur des cimes, l'homme de l'ombre raconte les coulisses.

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