Anderl Heckmair
Paru aux Editions Guérin
Alpiniste
Ma vie d’alpiniste
" J’ai eu beaucoup de chance dans ma vie. Parfaitement conscient des dangers auxquels je me suis exposé dans ma jeunesse. Je persiste à croire que la chance est un facteur déterminant de réussite en montagne, en particulier pour les novices. Reprocher à la jeunesse son goût du risque, c’est oublier que l’on a été jeune soi même et les folies commises... Mais il est certain que l’expérience se nourrit d’erreurs.
On m’a souvent demandé comment je voyais l’évolution de l’alpinisme. Les pratiques extrêmes d’escalade sportive vont poursuivre leur développement.
De nouvelles modes apparaissent, ainsi l’utilisation des moyens artificiels à partir des années soixante, qui a fini par avoir mauvaise réputation.
On a alors inventé l’escalade libre ou « propre » qui allait de soi pour nous quand nous avions vingt ans. Mais on n’arrête pas le progrès.
Que peuvent faire les jeunes grimpeurs qui ont le goût de l’extrême, dans nos massifs où chaque montagne, paroi ou arête ont été parcourues dans tous les sens ? Ils se tournent vers d’autres massifs, ils inventent d’autres objectifs. Ils escaladent en hiver des cascades gelées, en été des falaises aériennes.
Mais s’ils se contentent de ces terrains d’exercices, ils ne seront pas pour autant des alpinistes ; ils ne doivent les considérer que comme un moyen d’acquérir une maîtrise pour des objectifs plus ambitieux.
L’alpiniste n’est pas uniquement celui qui entreprend des courses extrêmes, nécessairement réalisées pendant une courte période de sa vie. A mon avis, c’est plutôt celui qui, dans la durée est lié à la montagne, dans son acception la plus large, en tant qu’idéal et manière de vivre. "
Anderl Heckmair
Anderl Heckmair Né en 1906 à Munich, il devient guide de haute montagne en 1933.
Par la suite, il consacre une partie de sa vie à la résolution des " trois derniers problèmes des Alpes " (la face nord du Cervin, la face nord des grandes Jorasses, la face nord de l'Eiger), avec la célèbre réussite de la face nord de l'Eiger en 1938. Après cette victoire, il participe à de nombreuses expéditions à l'étranger (Himalaya, 1954).