Beaux Livres

Fragile

Guy Martin-Ravel

BLFRAGI

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Un mélange de portraits, de scènes, de paysages inédits.

232 pages,
format 30x 30 cm,
170 photos.

43,00 €

ISBN : 2 911 755 06 5
Réf : BLFRAGI

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Guy Martin-Ravel retrace au travers de ce que l'on pourrait appeler une autobiographie photographique, sa vie de guide qui a quitté la montagne (Armand Charlet lui avait dit : "un guide qui fait de la photographie, c'est mauvais signe") pour aller témoigner, à l'occasion de différentes missions humanitaires, de la fragilité des hommes. La montagne à laquelle il revient toujours, il l'appelle "La tentation du repos".

Fragile. Guy Martin Ravel
Extrait :

Ce tas de hardes secoué par une toux qui me tient éveillé toute la nuit recouvre le maigre corps de Komali, seize ans, plutôt treize en réalité.
Cette toux, je la connais bien : ma mère, qui avait elle aussi porté beaucoup de paquets, à pied, a toussé de la même façon pendant de longues années.
Komali vaut 80 roupies népalaises (2 €) par jour de portage. Nous l'embauchons pour trois jours, retour non payé, comme le veut la coutume. Quand les garçons qu'elle croise lui lançent des plaisanteries lestes, elle ne relève pas la tête : avec 25 kg sur le dos et des tongs aux pieds, il faut rester vigilant sur ces sentiers escarpés.
La deuxième étape est pénible et longue et le sac de Komali s'est alourdi d'une tente que mes deux compagnons et moi n'avons pas la force de porter. Komali, obscure gamine d'un hameau battu par les vents, n'a pas le loisir de s'apitoyer sur son destin miné par la truberculose. Il me semble qu'elle me regarde avec une certaine condescendance; ce n'est peut-être que de l'indifférence.
Le dernier jour, nous ne verrons Komali qu'au départ. La fatigue la ralentit beaucoup. Nous montons dans le minuscule avion qui nous ramène de Lukla à Kathmandu, après l'avoir attendue en vain. Et si elle était en train de vendre le sac et son contenu dans les hameaux en amont ? Vas-y Komali : pas vue, pas prise !
Après tout, combien de nantis ont "oublié" de te restituer la monnaie que tu rendais en trop, faute de savoir compter !
Vingt-quatre heures plus tard, le sac était à Kathmandu. Rien n'y manquait, pas même un produit de beauté.

Le mot de l'éditeur

« Fragile » nous fit entrer dans les tourments de la création : comment rendre la richesse d’un travail qui consiste, d’après les mots de l’auteur, " à faire du dérapage contrôlé : à trop se laisser aller on donne dans le grand guignol, à trop se contenir, on s’endort dans la platitude" ? Entre Guy Martin Ravel et nous, ce fut un dialogue passionnant, un bonheur d’éditeur.

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