La Petite Collection

La folie du K2

Charlie Buffet

La folie du K2

Voir détails

À l’occasion du cinquantième anniversaire de la première ascension du K2, Charlie Buffet a repris ses notes, complété ses enquêtes sur cette montagne de folie.

110 pages

12,00 €

ISBN : 2 911 755 76 6
Réf : PCFOLIE

Pour ajouter l'article au panier, sélectionner :

Qté
Ajouter au panier
« On a appelé K2 " la montagne des montagnes ". C’est une pyramide de 5 km de large et 3,5 de haut, une masse de gneiss, de schistes et de granit équivalente à 37 Cervins, flanquée à l’Ouest d’un pyramidon blanc, l’Angélus. Il faut imaginer son sommet non comme un lieu physique, point de rencontre de cinq arêtes montant de la Chine et du Pakistan mais comme une bulle. Un espace de non-vie aux confins de la stratosphère » où l’air pèse trois fois moins qu’au niveau de la mer, où le vent frappe avec la violence du jet stream. Tous les alpinistes qui, plus tard parviendront à en redescendre exprimeront à leur manière cette sensation que nulle montagne au monde, pas même l’Éverest, ne procure avec cette intensité.
Chantal Mauduit, (sommet le 4 août 1992) se laisse surprendre par la nuit, s’endort, parle à ses orteils. Elle rejoindra sa tente au matin, à demi aveugle et léthargique. Plus tard, elle comparera cela à l’ivresse des profondeurs : dans le grand blanc aussi, la vie tient à un souffle.
Greg Child (sommet le 20 août 1990) écrira : « Le K2 est une mise à l’épreuve, une personnification géoloqique de l’angoisse. L’escalader est une confrontation permanente avec la peur de la mort. »
Christophe Profit (sommet le 15 août 1991) parlera d’un instinct de fuite, d’une folie qui sauve.
D’autres, piégés dans la sphère léthale, ne sont pas revenus pour raconter les forces qui s’épuisent ou le vent polaire qui cloue sur place. Pour la première fois ce 19 juillet 1939, deux hommes sont arrivés aux limites de la bulle. »



Charlie Buffet, journaliste à Libération puis au Monde, passionné d’alpinisme, a déjà publié un livre sur Claude Kogan « Première de cordée » chez Laffont.

Extrait :

Au K2, en 1902, l’exercice ne ressemble à rien de connu. Ce monstre de 8611 mètres à beau être plus petit que l’Everest, il écrase celui qui l’observe de sa masse démesurée. Le K2 fait peur. Trois chiffres le disent : en cinquante ans, quelque 200 grimpeurs sont parvenus au sommet (presque dix fois moins qu’à l’Everest) dont 22 sont morts à la descente ; 2 seulement l’ont gravi deux fois (à l’Everest, le recordman en est à 13 ascensions). Et aucun guide ne s’est risqué à y emmener des clients.
Sur cette montagne de la démesure, il fallait un extralucide pour oser imaginer un itinéraire. Aleister Crowley, autoproclamé poète " le plus haut du monde ", s’était attribué le rôle. En 1902, l’homme ne se faisait pas encore appeler "The Great Beast 666" par ses disciples satanistes, mais il connaissait l’avenir et voyait mieux et plus loin que ses contemporains… Il suffisait de lire ses Confessions : "J’ai un sens remarquable de l’orientation. Je peux trouver infailliblement mon chemin dans des régions inconnues, par tous les temps. La seule chose qui puisse m’arrêter est l’interférence de mon esprit conscient".

Voir les autres articles 'La Petite Collection'