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Texte & ImagesLa trace de l'AngeAntoine ChandellierLa biographie de Marco Siffredi est bien plus que l’histoire intense et trop courte d’un jeune surfeur doué, né au pied du Mont-Blanc. 55,00 €
ISBN : 2 911 755 80 4 Plus de 300 photos époustouflantes, dont une grande partie en couleur !
La biographie de Marco Siffredi est bien plus que l’histoire intense et trop courte d’un jeune surfeur doué, né au pied du Mont-Blanc. Cet enfant-terrible, devenu alpiniste et himalayiste, « juste pour le plaisir de descendre » n’a renoncé à aucun de ses rêves. Il a défié la « gravité », de la physique et des hommes avec la même grâce, fait passer sur le monde de la montagne un grand coup d’air frais. Il restera l’emblème d’une génération. « Je m’apprêtais à rencontrer un fumeur de pétard et je vais découvrir un alpiniste… » s’étonne Jacques-Marie Bourget, journaliste à Match. « Ce fut l’un des moments les plus ahurissants de mon existence » poursuit-il, frappé par la pureté du personnage qui vient de réaliser un exploit incroyable, sans arrière pensée : la descente du Nant Blanc en surf, 1000 m pour une pente moyenne de 55 degrés, avec des passages à 60, des goulottes, des barres rocheuses… Une démarche d’artiste dénuée d’arrogance, d’intérêt mercantile. « Impossible d’oublier que ce gamin joue sa vie, comme il jouait à cache-cache avec la sérénité apparente d’un pêcheur à la ligne… » La vie de Marco Siffredi est une parabole moderne de la « fureur de vivre », propre à une génération : surfeurs, free-rideurs, skates… qui ne renonce à aucun de ses rêves. À vingt trois ans, ce personnage magnifique, dessine deux élégantes courbes au sommet de l’Everest. Puis, il disparaît. Extrait : Au milieu de cet attroupement, tout à coup, Jean-Marc Porte distingue une silhouette qui glisse vers lui. La combinaison violette de Marco le désigne nettement. Elle grossit au point de devenir perceptible. Jean-Marc met plusieurs secondes à réaliser. " C’est Marco… " Le surfeur effectue trois petits virages sur le triangle sommital et s’élance dans la descente. Le photographe appuie machinalement sur son déclencheur. Les photos historiques sont dans la boîte. Marco reste concentré et ne pense qu’à sa descente. Très vite, il a la confirmation de ce qu’il pressentait. Une fois qu’il quitte l’itinéraire de montée, les cent premiers mètres sont délicats. 40° à 50° d’une pente glacée où les rochers affleurent. " Ne surtout pas heurter la pierre ", pense Marco. Russell, au col nord, accroché au télescope et à sa radio, lui parle avec le cœur pour le guider dans sa descente. Marco est confiant. Il a plongé dans la face nord, mais l’arête est encore accessible. Heureusement, car une sangle de fixation lâche subitement. Ce n’est vraiment pas le moment. Le souvenir fugace du Huayna Potosi rejaillit. Sauf que là, ça n’est pas du bidon et que sa vie est en jeu. C’est presque une chance que l’incident intervienne aussi tôt. Quelques minutes plus tard, dans le couloir, Marco n’aurait eu aucune échappatoire possible. Il garde son calme et parvient à rejoindre l’arête en se tractant avec ses piolets. Lopsang Temba qui suivait sa descente le long de l’arête peut se porter à sa hauteur. Il tente de bricoler l’attache. Voilà la sangle rafistolée avec un couteau. " Ça tiendra jusqu’en bas ", se persuade Marco. Il respire un peu d’oxygène, salue Lopsang et repart pour prendre définitivement ses distances avec l’itinéraire de montée. Désormais, il est seul sur cette étrange piste, ce couloir qui débouche sur l’exploit. Ou la mort… À la cote 8 600 m, dans le haut de la bande jaune qui traverse la face nord, il lui faut définitivement passer au large de la voie normale par une traversée vertigineuse au milieu des barres rocheuses. C’est obligatoire pour gagner l’entrée de cet immense Norton. Ceux qui pratiquent le surf savent que les grandes traversées presque horizontales sont mal aisées sur une planche. Le poids du corps sur une carre a tendance à faire perdre du dénivelé. Marco progresse lentement. Il arrive enfin à l’entame du corridor qui s’ouvre par une pente de 50°. C’est le passage le plus difficile. Il a une réserve d’oxygène dans son sac, mais il réalise qu’il lui est impossible de l’utiliser en surfant, le masque lui enlève toute sensation. Le voilà engagé, au vrai sens du terme. C’est le point de non-retour. La neige est changeante, mais bien souvent dure comme du marbre. Le poids du corps en appui sur la carre amont, Marco n’a pas droit à l’erreur, sinon c’est la chute. 2 000 mètres plus bas, ouvertes, les crevasses du glacier du Rongbuck sont autant de mâchoires prêtes à engloutir le surfeur. Quatre cents mètres très raides forment la partie haute du couloir. Les conditions sont mauvaises ; c’est glacé et très dur. Marco surfe sur le fil du rasoir. Ses cuisses travaillent sans relâche. Il ne peut enchaîner plus de trois virages. Quatre tout au plus. Chaque série nécessite une pause de trente secondes pour reprendre son souffle, la gorge en feu. L’esprit lutte pour rassembler ses facultés. Chaque virage exige une concentration maximale. Avant d’enclencher le mouvement, Marco doit bloquer sa respiration. Tout est question de précision. […] Voir les autres articles 'Texte & Images' Du même auteur :
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