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John Ruskin et les cathédrales de la terre

André Hélard

John Ruskin et les Cathédrales de la Terre

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L'auteur de cette biographie alpine de Ruskin, André Hélard, comble une importante lacune et renouvelle le regard que l'on porte sur la montagne.

380 pages, 200 illustrations

55,00 €

ISBN : 2 911 755 92 8
Réf : TIJOHRU

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Marcel Proust apprit l’anglais pour le traduire. Quand John Ruskin mourut en 1900, il écrivit : « Ruskin est mort ; Nietzsche est fou ; Tolstoï et Ibsen semblent au terme de leur carrière ; l’Europe perd l’un après l’autre ses grands directeurs de conscience. [...] Ruskin fut son professeur de goût, son initiateur à la beauté. »



Poète, artiste, dessinateur, critique d'art, scientifique, visionnaire… John Ruskin (1819-1900) est l’un des penseurs les plus importants du XIXème siècle.

Cet homme, cet immense esprit, tomba éperdument amoureux de Chamonix dès son premier voyage, à l’âge de quatorze ans. Il ne cessa d’y revenir, au cours de séjours parfois très longs.
Nous ne le savions pas.
Il ne cessa de décrire la beauté des montagnes, de se demander de quelle matière elles étaient faites (de nuages et de géologie).
Nous n’avions rien lu.
Il ne cessa de les représenter (dessins, aquarelles, daguerréotypes), pour percer les mystères des émotions qu’elles font naître.
Nous n’avions rien vu.
Un trésor était sous nos pieds, André Hélard l’a ramassé en plongeant dans les trente-neuf volumes de ses Œuvres Complètes. Au passage, il secoue la poussière de vieilles légendes, comme celles qui voudraient que Ruskin n’aimât pas les alpinistes, ou que les guides du XIXème fussent des paysans incultes. Depuis ce livre, il nous est difficile de regarder la montagne comme avant. Elle est devenue grâce à Ruskin encore plus intéressante.  

John Ruskin et les cathédrales de la terre


La presse en parle :

Les montagnes sont des cathédrales de la Terre. L'Alpe N°35

Ruskin L'Alpe n35De ce poète, artiste, critique d'art et scientifique visionnaire britannique, on se souvient généralement d'une phrase devenue célèbre : "Les montagnes sont les cathédrales de la Terre". Ce qui réduit à bien peu une oeuvre de trente-neuf volumes (dont une grande partie n'a jamais été traduite en français) embrassant toutes les disciplines, de la géologie à l'architecture, de la musique à l'économie, du dessin au socialisme! Ruskin (1819-1900) fut d'ailleurs considéré en son temps comme l'un des grands penseurs du siècle, son "initiateur à la beauté" comme l'écrivait Marcel Proust. Insatiable voyageur, Ruskin séjourna une vingtaine de fois à Chamonix et le massif du Mont-Blanc, cher à son coeur, se trouve au centre de sa réflexion sur l'art, le regard, le sentiment et la beauté. C'est une oeuvre d'envergure, et un personnage d'exception, que nous fait découvrir l'auteur de cette bibliographie très illustrée, sous sa belle couverture de toile rouge, marque de fabrique de l'éditeur chamoniard.
D.V. L'ALPE N°35.



Extrait : Montée en altitude.

« Je me demande si, dans la Nature, on peut trouver un objet plus parfaitement beau qu’une neige fraîche et profonde vue dans une chaude lumière. Ses courbes sont tellement parfaites et changent si souvent que cela dépasse tout ce que l’on peut concevoir ; sa surface et sa transparence ont quelque chose d’exquis ; sa lumière et ses nuances réfléchies de manière intense et multiple sont d’une variété inépuisable, d’un " fini " inimitable et d’une couleur céleste. Il n’y a pas de peintre dont la main puisse approcher la majesté et la beauté de cela. »


Extrait :

Attendez encore un peu, et vous verrez ces brumes se rassembler d’elles-mêmes pour élever de blanches tours qui se dressent telles des forteresses le long des promontoires, massives et immobiles, en un empilement qui d’un instant à l’autre monte plus haut dans le ciel, projetant de longues ombres dans le travers des rocs ; et vous verrez, sortant du pâle bleu de l’horizon, se former et s’avancer une troupe de nuées allongées, sombres qui vont, centimètre par centimètre, recouvrir le ciel de leur réseau gris, et priver le paysage de lumière en une éclipse qui fera cesser à la fois le chant des oiseaux et le mouvement des feuilles ; puis vous verrez se former, plus bas, des bandes horizontales d’ombres noires et, vous ne savez comment, d’horribles nappes le long de l’épaule des montagnes ; vous ne les avez pas vues se constituer mais au-dessus de cet endroit qui, l’instant d’avant était encore clair, il y a maintenant quand vous le regardez, un nuage qui plane comme un faucon au-dessus de sa proie. Claude Lorrain a-t-il rendu cela ?
[…] Et puis attendez encore, jusqu’à ce moment où l’Est devient à nouveau pourpre et où les pesantes montagnes qui se dressent contre lui dans l’ombre comme les vagues d’une mer déchaînée, sont plongées l’une après l’autre dans la gloire de son embrasement : regardez les blancs glaciers et leurs cours sinueux qui flambent autour des montagnes comme d’énormes serpents aux écailles de feu ; regardez les cimes couvertes de neige solitaire et dont chacune est en soi comme un nouveau matin quand elles enflamment l’un après l’autre les abîmes qui s’ouvrent sous elles ; leurs longues avalanches descendent en courants plus brillants que la lumière ambiante, chacun faisant monter vers le ciel son tribut de neige comme une fumée d’encens ; la lumière rose des dômes silencieux colore le ciel tout autour et au-dessus, cette clarté pénètre les contours pourpres des nuages très haut dans le ciel et projette une nouvelle gloire sur chaque courbe qu’elle atteint, jusqu’à ce que le ciel tout entier, tel un dais écarlate, ne soit plus qu’un toit mouvant, agité, voûte après voûte, de vagues de flammes, comme par les ailes de plusieurs légions d’anges : et alors, à ce moment où il ne vous est pas possible d’espérer davantage de joie et où, plein de crainte et d’amour, vous vous inclinez devant l’Auteur et le Créateur de tout cela, dites-moi qui a le mieux délivré Son message aux hommes ! "

La réponse bien sûr, c’est Turner dont le regard sur la nature est si vrai si profond qu’il confère à l’artiste une dimension nouvelle :
" Tout comme un prédicateur essaie, dans son sermon, d’exprimer et d’expliquer chacune des vérités divines qu’il a pu dégager à partir de la Révélation de Dieu, ainsi un peintre essaie dans une composition d’exprimer et d’illustrer chaque leçon qui peut être reçue à partir de la Création de Dieu. L’un et l’autre sont des commentateurs de l’infini. ''

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