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Alpiniste

Anderl Heckmair

Alpiniste

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En 1938, la face nord de l'Eiger tombe aux mains d'Anderl Heckmair.
Une autobiographie qui communique le bonheur de grimper et prouve qu'on peut être un héros et le refuser !

340 pages, 250 photos

55,00 €

ISBN : 2 911 755 11 1
Réf : TIALPIN

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En 1938, la Face Nord de l’Eiger tombe aux mains d’Anderl Heckmair. Elle succombe à son intelligence et son analyse.
Esprit libre et indomptable, il résiste aux avances du nazisme et se voue à son unique passion : la montagne. « Heckmair réussit avec Harrer une " fabuleuse première ", en 1938 l’ascension de l’Eiger. Mais il n’entend pas qu’elle soit récupérée par le régime.
Michel Guérin a fait de ses Mémoires, un ouvrage superbement illustré. »
Le Point



Alpiniste de Anderl Heckmair


Extrait :

" Je voulais réussir l’Eigerwand, c’est ce qui m’a préservé des séductions de la capitale et détourné des tentations politiques [...]. L’alpiniste n’est pas celui qui entreprend uniquement des courses extrêmes, nécessairement réalisées pendant une courte période de sa vie. À mon avis, c’est plutôt celui qui, dans la durée, est lié à la montagne, dans son acceptation la plus large, en tant qu’idéal et manière de vivre. " La richesse de l'iconographie, la sincérité du récit font de cette autobiographie, une oeuvre émouvante qui révèle, photo après photo, le portrait d'un homme hors du commun. "


Extrait :

En septembre, Leni devait se rendre au congrès du parti à Nüremberg, où elle était l’invitée d’honneur de Hitler. Elle voulut absolument que je l’accompagne, désirant me " convertir ". Leni racontait à Hitler ses aventures en montagne. Ni impressionné ni enchanté, sa mine s’allongeait et il lui dit d’un ton de reproche : " Je vous ai assigné une grande tâche. Comment pouvez-vous mettre ainsi votre vie en jeu ? " Elle répondit qu’elle avait un guide de haute montagne pour garantir sa sécurité. Alors Hitler abaissa son regard sur moi, et la conversation roula sur ma personne.
Les questions qu’il me posa n’étaient pas stupides, mais elles étaient nettement orientées. De l’alpinisme proprement dit, il n’avait pas la moindre notion. Il s’intéressait pour l’essentiel au " pourquoi ", voulant savoir ce qu’on pouvait bien ressentir de plus dans une course difficile que dans une simple promenade en montagne. Il s’échauffait de plus en plus en critiquant tout ce qui concerne l’alpinisme, sans se rendre compte qu’il me mettait dans l’embarras. Ma personne l’intéressait fort peu. Qui étais-je, moi pauvre vermisseau ? […]
En bas, la foule hurlait une interminable ovation. Le défilé s’immobilisa. Hitler salua, le bras tendu. Son regard, fixé au loin, s’était figé. Pour la première fois de ma vie, je levai aussi mon bras pour le salut hitlérien. À cet instant, je trouvai ma position complètement grotesque : que moi, alpiniste anonyme absolument apolitique, je fusse là debout à côté du dictateur acclamé par des fanatiques ! C’était si fort que j’aurais éclaté de rire si j’avais pu. Pendant deux heures, debout au balcon près de Hitler, écoutant crier ces milliers de gens, je mesurai le contraste entre la foule et la solitude montagnarde.[…]
Leni voulait m’embarquer dans les meetings prévus à l’occasion de la visite de Mussolini, mais j’en avais assez, et je préférais marcher et courir dans la forêt de Grunewald. […]
Je focalisais mon entraînement sur mon projet de l’année suivante : cette fois, je voulais réussir l’Eigerwand. […] Je sentais se glisser en moi comme un frémissement d’horreur. J’avais compris que quelque chose s’était mis en marche, qui allait tout emporter. […]. Je n’étais pas des leurs, c’était trop loin de ma nature, j’avais trop les pieds sur terre. Et par-dessus tout, j’avais un but. ''

Le mot de l'éditeur

Anderl Heckmair tenait à collaborer à l'édition française de ses Mémoires. Il a mis tous ses albums personnels à la disposition de l'éditeur, choisissant avec soin, commentant chacune des photos.

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