La Petite Collection

Un été inespéré

Jean-Pierre Guérin

Un été inéspéré

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L’histoire commence mal : l’action se déroule dans la pente et le héros est lourd.

176 pages

14,00 €

ISBN : 2 911 755 77 4
Réf : PCETEIN

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La simplicité de l’auteur, et la légèreté du style de Jean-Pierre Guérin*, marchent d’un pas vif tout au long de cette subtile intrigue.

* l'auteur, Jean-Pierre Guérin et Michel Guérin son éditeur portent le même nom. Facétie du hasard…




Extrait 1
Je n’avais encore jamais mis les pieds dans un magasin de sport. Je suis le seul client, ce qui facilite les choses. J’aborde un jeune homme occupé à mettre en rayon des raquettes de tennis, et je commence par le plus simple, l’achat de chaussures de randonnée.
-Montrez-moi ce qui se fait de mieux.
J’essaie une paire qui convient parfaitement à mon pied. Le vendeur m’assomme d’explications techniques sur la tige, la semelle, les matériaux et que sais-je encore. De temps en temps je dis « oui », « bien » ou « parfait », puis je mets fin à tout ça avec un définitif « c’est bon, je les prends ». Le gars me demande s’il me faut autre chose et je dis :
- Oui, je voudrais un baudrier d’escalade.
Alors le regard de mon vendeur se porte sur mon ventre.
- C’est… pour vous ?
- Oui, pour moi.
Il me fixe une nouvelle fois à la hauteur de la ceinture et se gratte la tête.


Extrait 2
Je trouve de grosses prises pour les mains mais dans l’impossibilité de voir ce qui se passe plus bas que mon ventre ; je suis condamné à monter les pieds au hasard. J’élève donc un pied et je pousse quand je sens une aspérité, mais trois fois sur quatre, mon chausson dérape, mes jambes et mon ventre raclent le rocher et je me retrouve lamentablement pendu à bout de bras et de corde. J’ai l’air d’un crapaud qui veut sortir d’un bocal. J’ai des égratignures aux jambes et les pieds en feu, je transpire à grosses gouttes sur la pierre en plein soleil, ma chemise est sortie de mon pantalon.
- Mais regarde où tu poses les pieds, bon sang !
Les injonctions de mon frère se font de moins en moins aimables. Il en a de bonnes, lui, j’aimerais bien pouvoir les regarder, mes pieds. Je n’ai pas gravi plus de six ou sept mètres et je suis épuisé. Même mes bras ne répondent plus.

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