Terra Nova

Annapurna, une affaire de cordée

David Roberts

Annapurna une affaire de cordée. Lachenal. Herzog editionsguerin chamonix

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Ce qu’il s’est réellement passé lors de l’ascension légendaire de l’Annapurna.

360 pages

26,50 €

ISBN : 2 911 755 22 7
Réf : TNANNAF

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" Trois ans d'enquête ont été nécessaires pour éclairer les principaux mystères de l'Annapurna. David Roberts a traqué la vérité de la plus célèbre des histoires d'alpinisme."

"Dans ce passionnant livre enquête, David Roberts rend toute la place à ceux sans lesquels la plus grande aventure de l'alpinisme français aurait tourné au désastre. "
Le Nouvel Observateur.

Ce soir là, à Morzine, pendant que refroidissait le café dans nos tasses, je compris que je venais de tomber sur une histoire qui, quelle que soit la difficulté qu'il y ait à dégager la vérité de la gangue d'ambiguïtés où elle gisait enfouie, réclamait désespérément qu'on la couchât sur le papier.

L'Annapurna, le plus retentissant des exploits français
Les faits
3 ans d'enquête

Extrait :

" Que mes souvenirs diffèrent parfois de ceux de Maurice Herzog, c’est une chose très normale quand on pense à l’état de tension dans lequel nous avons tenté le sommet et à la véritable débandade (je mesure mes mots) qui suivit immédiatement la réussite… Il y a divergence, c’est tout. » Pourtant, tout de suite après, Lachenal exprime son désaccord avec le portrait qu’Herzog donne de lui dans Annapurna : " On m’a largement décrit comme ayant été très affecté par l’altitude, les derniers efforts et surtout la chute que je fis au retour aux abords du camp V… ".
Lachenal donne enfin son point de vue et se rebiffe quand Herzog semble avoir insinué qu’il ne savait plus ce qu’il faisait. Pourtant, insiste-t-il, ses appels au secours que Terray entendit et qui le guidèrent jusqu’à lui, ainsi que le réflexe qu’il eut, un peu avant, d’enfoncer dans son sac ses mains privées de gants afin de les protéger, étaient les réactions sensées d’un esprit lucide qui fit ce qu’il devait faire pour survivre et non celles, hystériques, d’un grimpeur que la souffrance a rendu fou. Quant à la petite scène dans laquelle Herzog le décrit s’emparant du piolet de Terray pour descendre seul au Camp II, Lachenal nie d’un bloc que ceci ait jamais eu lieu.
Mais, poursuit celui-ci, aucune de ces divergences n’a vraiment d’importance car la descente devint très vite une suite d’erreurs et de gestes désespérés. L’après-midi du 4 juin, alors que les quatre hommes s’étaient égarés et titubaient dans le brouillard, Herzog interpréta le comportement de Lachenal comme la preuve d’un esprit dérangé : " A-t-il toute sa conscience ?? Il dit que ce n’est pas la peine de continuer, qu’il faut faire un trou dans la neige et attendre le beau temps. Il insulte Terray… "
C’est pourquoi Lachenal revendique, après coup, le bien fondé de ses exhortations en ce moment dramatique : «…Ce n’était pas un avis de déséquilibré mais un avis sain. » Et il explique : " Nous étions tous éprouvés par l’altitude, je l’ai dit, c’était normal. Herzog le note pour lui-même. Plus encore, il était illuminé. Marchant vers le sommet, il avait l’impression de remplir une mission et je veux bien croire qu’il pensait à sainte Thérèse d’Avila au sommet. Moi, je voulais avant tout redescendre et c’est justement pourquoi je crois avoir conservé la tête sur les épaules. »
Pour finir, Lachenal évoque le moment crucial où s’est posée la question de faire demi-tour plutôt que de continuer vers le sommet. […]
Tel était l’état d’esprit de Lachenal, et de lui seul, lorsque, le 3 juin 1950, il mesura la gravité d’une décision lourde de conséquences. Dans ses Commentaires, il dit simplement : " Je savais que mes pieds gelaient, que le sommet allait me les coûter. » (Dans la marge Devies fulmine : " Entre simplement avoir froid et geler, il y a une différence. Lachenal ne m’a jamais parlé de cela. »)
Au moment d’analyser une dernière fois la situation, à l’instant le plus critique, ce fut Herzog qui se trompa. C’est lui qui, à tort, avait pensé que ses pieds " reviendraient " après un engourdissement temporaire, lui qui, baignant dans l’allégresse, tarda à redescendre alors que chaque minute gaspillée réduisait la marge de sécurité des deux hommes, lui enfin qui laissa tomber ses gants dans la descente. […] Quant à Lachenal, quoi qu’on dise et qu’on fasse,y a-t-il dans toute l’histoire de l’alpinisme acte plus noble que le sien ?? Puisqu’en ce jour de juin au goût d’amertume où il décida de continuer vers un sommet improbable, il savait très bien qu’il faisait le sacrifice de ses pieds pour sauver la vie de son camarade. Avec toute l’éloquence laconique dont il est capable, il termine ses Commentaires par une formulation ramassée de ce que fut sa vérité. Si tant est qu’on ne puisse jamais arriver à une conclusion définitive sur ce que fut au fond cette épopée de l’Annapurna 1950, il reste au moins les deux phrases de Lachenal pour lui servir d’épigraphe : " Cette marche au sommet n’était pas une affaire de prestige national.
C’était une affaire de cordée.

Le mot de l'éditeur

Ce qu’il s’est réellement passé lors de l’ascension légendaire de l’Annapurna.

50 ans après, David Roberts porte un regard critique sur la controverse autour du célèbre livre de montagne de Maurice Herzog : ANNAPURNA premier 8000. Après 3 ans d’enquête, il découvre une histoire encore plus riche et dramatique sur la première ascension mondiale d’un pic de plus de 8000 mètres.

Le 3 juin 1950, Maurice Herzog et Louis Lachenal se hissent péniblement au sommet de l’Annapurna (la dixième plus haute montagne du monde) et réalisent le plus grand exploit de l’histoire de l’alpinisme français. Pendant qu’il soigne ses gelures, Herzog dicte le best-seller international, qui deviendra le livre d’alpinisme le plus vendu de tous les temps : Annapurna premier 8000.
Annapurna est un récit dramatique sur le courage, la lutte pour la survie et l’esprit d’équipe mais comme le montre David Roberts, le livre relève de la fiction à propos de certains aspects cruciaux (le mythe idéalisé d’un homme à la conquête d’une montagne).
La vérité est plus sombre, plus ambigue et surtout plus complexe.

Roberts s’inspire, du compte-rendu original d’Herzog, de la récente biographie d’un des compagnons d’alpinisme d’Herzog : Gaston Rébuffat et de la première publication intégrale du journal de Louis Lachenal, pour raconter la véritable histoire de l’expédition légendaire. Ce livre contient de nouvelles interviews remarquables de Maurice Herzog et d’autres acteurs intimement liés à cette aventure.
Ces conflits de point de vue et d’intérets ont déjà fait les gros titres en France. Roberts les analyse pour montrer que le succès de l’expédition n’était pas le résultat d’une équipe soudée derrière son chef, mais le triomphe miraculeux de grimpeurs talentueux tiraillés par leurs différents et leurs doutes  envers le leader. Celui-ci saura transformer cette histoire (humaine, trop humaine) en légende.

Raconté de multiples points de vue, une affaire de cordée, est le récit définitif de ce qu’il s’est déjà passé lors de la plus belle ascension himalayenne.
Ce qui s'est réellement passé à l'Annapurna en 1950 et tout ce qui avait découlé de cette magistrale réussite de l'alpinisme était une autre histoire qui n'avait jamais été contée.


Presse

Montagnes Magazine, février 2014
Mémoire des Arts, jeudi 17 janvier 2013
lemonde.fr, 18 décembre 2012
gqmagazine.fr, 15 décembre 2012
ledauphine.com, 14 décembre 2012

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