La Petite Collection
Compagnons de bordée
Dominique Potard
Récits de courses, portraits d’alpinistes… les chroniques alpines de Dominique Potard lient intimement humour et tendresse.
130 pages
Interview de Dominique Potard
13,00 €
ISBN : 2 911 755 67 7
Réf : PCCOMBO
Entre les alpinistes, la corde peut tisser des amitiés durables, comme les pires embrouilles. Le fait de s’encorder n’est pas un geste anodin. Une fois leur nœud bouclé, les protagonistes voient leur sort intimement lié. Les voici unis pour le meilleur et pour le pire, devant Dieu et les parois verglacées, par un lien au moins aussi sacré que celui du mariage : le lien sacré de la cordée.
« Il renouvelle avec humour et beaucoup d’autodérision le genre trop sérieux du récit de courses ! » Montagnes Magazine
Compagnons de cordée : « Entre alpinistes la corde peut tisser des amitiés durables comme les pires embrouilles.»
Compagnons de bordée : « Des marins d’eau dure, voilà ce que c’est, les alpinistes. Des marins d’eau dure.»
Bordée : "nf. Mar. Portion de route que parcourt un navire sans virer de bord.
Fam. tirer une bordée : faire une escapade à terre, en parlant des marins." Larousse de Poche.
En montagne, le seul bord qui préoccupe les alpinistes, c’est celui du précipice qu’ils sont en train de côtoyer. En ce qui concerne la seconde définition, us et coutumes des marins et des montagnards diffèrent peu.
Extrait :
" La corde se tendit brutalement alors que je n’étais plus qu’à vingt mètres de la cime. Vingt mètres de marche plus que d’escalade. Un vent violent interdisait toute communication entre Brian et moi. À quatre pattes sur une pente d’éboulis, avec, comme unique point d’assurance accessible, un buisson malingre, je réalisai que j’étais monté trop haut : j’aurais dû installer mon relais dix mètres plus bas, au dernier piton.
Il fallait redescendre. J’amorçai un pas en marche arrière. Un hurlement épouvantable jaillit du gouffre. La dernière parole de Brian avant longtemps.
Immobilisé tout près du but, je n’avais d’autre solution que d’attendre. Le premier quart d’heure passa relativement vite : je m’accroupissais de temps à autre pour que la corde appuie sur le sol, et réduire ainsi sa tension. Le quart d’heure suivant fut un inutile monologue emporté par le vent : questions, conseils, encouragements, ordres, noms d’oiseaux... (un vautour tournait d’ailleurs au-dessous de moi, au niveau approximatif où devait se trouver Brian).
Aphone, congelé, voyant le soleil décliner à l’horizon, je me décidai à agir quand mon arbuste, déraciné, me resta dans la main. Tant pis si ça gueulait en bas, il fallait redescendre jusqu’au piton. Et, de là, hisser Brian. Y-avait-il eu transmission de pensée ? Au moment où j’allais tenter la retraite, la corde se détendit. Je partis au pas de course vers le sommet. La corde venait si vite que je me mis à imaginer le pire. Le cauchemar du premier de cordée : le bout de la corde qui remonte tout seul..."
« Il renouvelle avec humour et beaucoup d’autodérision le genre trop sérieux du récit de courses ! » Montagnes Magazine
Compagnons de cordée : « Entre alpinistes la corde peut tisser des amitiés durables comme les pires embrouilles.»
Compagnons de bordée : « Des marins d’eau dure, voilà ce que c’est, les alpinistes. Des marins d’eau dure.»
Bordée : "nf. Mar. Portion de route que parcourt un navire sans virer de bord.
Fam. tirer une bordée : faire une escapade à terre, en parlant des marins." Larousse de Poche.
En montagne, le seul bord qui préoccupe les alpinistes, c’est celui du précipice qu’ils sont en train de côtoyer. En ce qui concerne la seconde définition, us et coutumes des marins et des montagnards diffèrent peu.
Extrait :
" La corde se tendit brutalement alors que je n’étais plus qu’à vingt mètres de la cime. Vingt mètres de marche plus que d’escalade. Un vent violent interdisait toute communication entre Brian et moi. À quatre pattes sur une pente d’éboulis, avec, comme unique point d’assurance accessible, un buisson malingre, je réalisai que j’étais monté trop haut : j’aurais dû installer mon relais dix mètres plus bas, au dernier piton.
Il fallait redescendre. J’amorçai un pas en marche arrière. Un hurlement épouvantable jaillit du gouffre. La dernière parole de Brian avant longtemps.
Immobilisé tout près du but, je n’avais d’autre solution que d’attendre. Le premier quart d’heure passa relativement vite : je m’accroupissais de temps à autre pour que la corde appuie sur le sol, et réduire ainsi sa tension. Le quart d’heure suivant fut un inutile monologue emporté par le vent : questions, conseils, encouragements, ordres, noms d’oiseaux... (un vautour tournait d’ailleurs au-dessous de moi, au niveau approximatif où devait se trouver Brian).
Aphone, congelé, voyant le soleil décliner à l’horizon, je me décidai à agir quand mon arbuste, déraciné, me resta dans la main. Tant pis si ça gueulait en bas, il fallait redescendre jusqu’au piton. Et, de là, hisser Brian. Y-avait-il eu transmission de pensée ? Au moment où j’allais tenter la retraite, la corde se détendit. Je partis au pas de course vers le sommet. La corde venait si vite que je me mis à imaginer le pire. Le cauchemar du premier de cordée : le bout de la corde qui remonte tout seul..."
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