La Petite Collection

El Capitan

Olivier Salon

couverture El Capitan

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L'ascension d'El Capitan en poèmes...

68 pages

9,00 €

ISBN : 9782352210139
Réf : PCELCAP

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Olivier Salon, agrégé de mathématiques, comédien, poète et membre de l'Oulipo (mouvement littéraire créé par Raymond Queneau) est aussi un fort grimpeur.
La combinaison de ces caractéristiques peu banales et rarement réunies l'ont conduit à nous proposer cette oeuvre hors norme.
El Capitan est un long poème relatant l'ascension de cette voie mythique dans le Yosemite en Californie.
C'est un récit d'escalade très original et un excellent texte littéraire.
El Capitan marque l'entrée fracassante de la poésie chez Guérin par le biais de l'alpinisme.



Extrait:

C’est une vallée verdoyante, bordée d’arbres.
Le roc fait sentir sa présence, peu à peu.
Nous longeons un cours d’eau.

Soudain, au détour d’un virage,
Il apparaît.
Énorme, majestueux.
Immédiatement imposant.

C’est une masse incroyable, un pavé monumental.
Il présente deux faces véritables, qui font un angle assez saillant.
Les sépare une arête.
Cette arête, la plus grande longueur du bloc, mesure un kilomètre.
Sur cette arête, la légendaire voie du Nose.
Un kilomètre !
Trois tours Eiffel.
Là-bas, la nature est démesurée.

Il n’est pas élégant, comme certaines montagnes qui appellent le gravissement.
Il en impose avant tout.
Il demande le respect.
Rares au monde sont de tels blocs.
Il en impose également par l’impossibilité des parcours de ses faces.
Trop verticales. Trop redressées. Trop lisses. Trop compactes.
Une énigme pour les grimpeurs américains.
Jusqu’à ce qu’ils inventent des moyens de progression
artificiels.
À base de pitons, de coinceurs et de courts étriers,
Comme de petites échelles de corde, sur lesquelles on hisse l’encombrement de son corps.
Tout un matériel compliqué et sophistiqué
De bouts de ficelle, de sangles, de fil de fer et d’astuce.
Nous, nous savons la difficulté de telles progressions.
Leur incroyable lenteur.
Ce géant se conquiert dans la durée.

Sa face occulte le paysage.
Je n’arrive pas à détacher mes yeux.
C’est lui, enfin lui,
El Capitan.

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