La Petite Collection

Les quatre montagnes de George Sand

Colette Cosnier

Les quatre montagnes de George Sand

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Depuis 1830, George Sand vit en femme libre. On l’admire ou l’on s’offusque de ses aventures éphémères et de ses costumes masculins.

236 pages

15,00 €

ISBN : 2 911 755 74 X
Réf : PCQUAMO

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George Sand rejoint ses amis, le compositeur Liszt et Marie d’Agoult à l’hôtel de l’Union à Chamonix. Ils font l’effet d’une « invasion de cosaques », le chef de cuisine les prend pour des saltimbanques, les dames anglaises se barricadent dans leurs chambres et, à l’office, on recompte l’argenterie. George Sand et ses amis fument des cigares, roulés dans des feuilles de datura et se grisent avec du punch…

Pantalon de toile, casquette et blouse bleue, talons de bottes coupés, George Sand parcourt la montagne. En 1834, elle débarque à Chamonix avec « 350 lieues dans le postérieur et une quarantaine dans les jambes », rejoint ses amis Liszt et Marie d’Agoult à l’hôtel de l’Union. La petite troupe fume des cigares, boit du punch… « des gens mystérieux, chevelus comme des sauvages où il n’est pas possible de reconnaître les hommes d’avec les femmes, les valets d’avec les maîtres ! » dit-on à l’hôtel où l’on recompte l’argenterie.

George Sand détonne. Femme libre, pionnière, elle adhérera au Club Alpin Français dès sa création en 1874, en un temps où l’on pense que les excursions ne sont pas faites pour le « sexe aimable ». Cette passion, Colette Cosnier l’a pistée suivant une géographie singulière : les Pyrénées pour la jeunesse, les Alpes pour les années de violence et de passion, l’Auvergne pour la sagesse de l’age mûr. Et une quatrième pour l’éternité…
Il fallait ajouter ce petit roman, « Laura, voyage dans le cristal » dans lequel la montagne fournit le cadre et la matière, la minéralogie, passion cousine que George Sand explique ainsi : « Une petite pierre me fait revoir toute la montagne, d’où je l’ai rapportée, et la revoir avec ses moindres détails du haut en bas ».
Colette Cosnier consacre ses recherches aux femmes du XIXe siècle. Elle publie également  « George Sand en verve » aux éditions Horay.



Extrait :

" Pardonnez-moi une métaphore qui me vient. Je me figure la jeunesse comme un admirable paysage des Alpes. Tout y est puissant, grandiose, heurté. À côté d’une verdure étincelante, un bloc de pâles neiges et de glaces aiguës a coulé dans le vallon, et les fleurs qui viennent d’éclore là meurent au sein de l’été, frappées au cœur par une gelée soudaine et intempestive. Des roches formidables pendent sur de ravissantes oasis et les menacent incessamment. De limpides ruisseaux coulent silencieusement sur la mousse ; puis, tout à coup, le torrent furieux qu’ils rencontrent, les emporte avec lui et les précipite avec fracas dans de mystérieux abîmes. La clochette des troupeaux et le chant du pâtre sont interrompus par le tonnerre de la cascade ou celui de l’avalanche : partout le précipice est au bord du sentier fleuri, le vertige et le danger accompagnent tous les pas du voyageur, que les beautés incomparables du site enivrent et entraînent. Une nature si sublime est sans cesse aux prises avec d’effroyables cataclysmes ; ici le glacier ouvre ses terribles flancs de saphir et engloutit l’homme qui passe ; là les montagnes s’écroulent, comblent le lac et la plaine, et, de tout ce qui souriait ou respirait hier à leurs pieds, il ne reste plus ni trace ni souvenir aujourd’hui… Oui, c’est là l’image de la jeunesse, de ses forces déréglées, de ses bonheurs enivrants, de ses impétueux orages, de ses désespoirs mortels, de ses combats, et de toute cette violente destruction d’elle-même qu’enfante l’excès de sa vie. »
S’il y avait là plus qu’une belle image poétique ? On devine un aveu. Alors, on relit l’autobiographie, on se plonge avec délices dans la Correspondance. Et on le découvre, cet aveu : celui d’un amour qui a commencé dès l’enfance et qui s’est épanoui au cours de nombreux voyages.
George Sand et LA montagne ? Non. Pas n’importe quelle montagne, mais plutôt une montagne différente et en harmonie avec chaque saison de sa vie : les Pyrénées et la jeunesse, les Alpes et les années de violence et de passion, l’Auvergne et la sagesse de l’âge mûr. Et une quatrième pour l’éternité…

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