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Terra NovaLâcher priseDavid Andrea AnatiLa rencontre originale de deux grimpeurs dans les falaises du Verdon. 25,00 €
ISBN : 2 35221 003 8 Le jeune grimpeur ne se doutait pas que chaque longueur réalisée le plongerait dans davantage de perplexité.
On ne s'encorde pas impunément avec un vieux philosophe israélien pour qui il faut être capable de tourner le dos à son clan... Quoi ? La fidélité serait une valeur nuisible, génératrice de conflit, de guerre ? La belle devise "Liberté, égalité, fraternité" se révélerait totalement inopérante, puisque liberté et fraternité ne sont pas conciliables ? "Lâcher prise", une drôle de manière, passionnante, de grimper en philosophant ou de faire de la philosophie en grimpant... Une pensée originale dont la pertinence est soulignée par l'actualité politique. Extrait : Pour l’escalade, je m’entraîne souvent "sur les pentes". Ceci est une expression toute à moi qui ne fait pas partie de la terminologie d’escalade en général. Il s’agit d’une méthode d’entraînement que je pratique depuis quelques années sur des pentes très raides couvertes d’herbes sauvages que j’ai repérées sur les rives de l’Ourthe, à peu près là où celle-ci se jette dans la Meuse. Avant mon accident à la cheville j’y allais régulièrement, deux ou trois fois par semaine, après le travail, pour m’y déplacer en cercles et en "huit" pendant une bonne demi-heure chaque fois, et en essayant de ne pas m’aider des mains. Mon ami Pierre se moque de ma méthode : « Si tu faisais plus de "tractions" ou de "flexions", au lieu de perdre le temps avec tes stupides pentes, tu aurais pu faire du 7 ! » "Le 7", pour ceux qui ne le savent pas, est une cotation de difficulté des voies d’escalade. C’est un niveau assez haut ; je fais du 6a ou du 6b, rarement du 6c, mais je ne suis jamais arrivé au 7. Je ne prête pas grande attention au manque d’enthousiasme de Pierre envers mes subtiles méthodes d’entraînement à l’escalade. Je sais qu’à son avis c’est la force, surtout la force des avant-bras et des doigts, qui est l’essentiel en escalade. Le reste n’a pas grande importance pour lui. Je lui répète souvent : « La force est importante dans tous les sports, mais la différence entre un grimpeur et un non-grimpeur n’est pas que l’un est fort et l’autre faible. C’est comme la différence entre un nageur et un non-nageur, un patineur et un non-patineur. Bien sûr, tout sportif veut renforcer ses muscles, mais l’essentiel dans une branche de sport ce n’est pas la force, c’est l’adresse ». Mais je sais qu’avec Pierre mes sermons étaient peine perdue. Parfois je fais du jogging jusqu’au pont de l’Atlas, là où il y a aussi des pentes pareilles à celles de l’Ourthe. Là aussi, Pierre se moque de moi. Il m’a dit plusieurs fois : « T’as été encore chez les Gitans ? » "Gitans" – allusion aux voyous qui habitaient sur les rives de la Meuse aux environs du pont de l’Atlas, dans des tentes et des piteuses roulottes. Je me rend au pont de l’Atlas surtout le mercredi, quand je veux par la même occasion me rendre au siège du club alpin belge qui se trouve juste à côté, et qui n’ouvre que ce jour-là ; j’aime prendre une bière en bavardant avec d’autres grimpeurs. Mais je préfère m’entraîner sur les pentes de l’Ourthe parce qu’il y a là, en plus, des murs en pente construits en pierres carrées (ce qu’il n’y a pas au pont de l’Atlas). Me déplacer sur ces pentes en pierre est beaucoup plus difficile comme exercice et je ne réussis presque jamais à le faire sans l’aide des mes mains. Et je risque aussi de dégringoler jusque dans l’eau ; un défi de plus. On peut toujours deviner même de loin où se trouve sur les pentes de l’Ourthe l’endroit où j’ai l’habitude de m’entraîner. Au fil des ans j’ai fini par lui enlever toutes les herbes et les petits buissons qui poussaient des fissures et entre les anciennes pierres carrées, si bien que mon site d’entraînement "privé" ressemble de loin à une tache de clairière sur un versant de maquis. Mais je ne suis pas d’accord avec Pierre. À mon avis l’entraînement sur ces pentes n’est pas une perte de temps ; il est un très bon exercice d’équilibre qui m’aide à mieux maîtriser mes pas sur les vraies falaises ; surtout sur les voies en dalle. Il n’y a pas que les exercices de force pour s’entraîner à l’escalade. Et maintenant que le lecteur sait tout sur ce que je m’apprête à écrire et sur mes escalades et mes méthodes d’entraînement, je peux commencer à décrire mes entretiens avec Hendri. Remarque: Lâcher prise est le titre définitif du livre provisoirement intitulé Hendri ou l'absolue liberté. Voir les autres articles 'Terra Nova' ![]() |
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