La Petite Collection

Journal de l'ascension du Mont-Blanc

Horace Benedict de Saussure

Journal de l'ascension du Mont-Blanc. Saussure

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Précis, complet, détaillé, ce journal raconte l'histoire d'une conquête...

200 pages
Édition établie par Anne Fauche et Samuel Cordier

ISBN : 2 35221 005 4
Réf : PCJOURN

Alors qu'il passa presque inaperçu à sa parution en 1926, le Journal de Saussure étonne aujourd'hui par sa modernité.
Précis, complet, détaillé, il raconte l'histoire d'une conquête : la troisième ascension du Mont-Blanc à la fin du XVIIIème siècle.

Il permet de suivre la vie quotidienne d'un homme de 47 ans, obsédé par cette cime depuis sa jeunesse. S'agit-il d'un journal, d'un compte-rendu scientifique, d'un éblouissement esthétique ou d'un rêve d'adolescent ?

Saussure aura mis 26 ans pour concrétiser son rêve, entrepris une dizaine de tentatives infructueuses et mobilisé tout ce que la vallée comporte de bons connaisseurs du massif.

Ce texte, présenté comme le journal d'un savant, est le premier vrai récit d'alpinisme.



Présentation par Samuel Cordier.


L’un des évènements fondateurs de l’alpinisme reste pour beaucoup la conquête du Mont-Blanc en 1786. Bien que rédigé un an après, le Journal du Mont-Blanc  dont il est ici question, s’insère pourtant dans cette conquête.

Ces pages couvrent la période du 7 juillet au 4 août 1787; il commence à Genève, se poursuit à Chamonix et se termine par l’ascension du Mont-Blanc et le retour à Chamonix. Dès son retour à Genève, de Saussure publie une note dans Le Journal de Genève et rédige une Relation abrégée d’un voyage à la cime du Mont-Blanc en août 1787 qui va connaître un retentissement considérable dans toute l’Europe. Ce texte, « tout étrange que cela paraisse » , est le premier récit complet (sérieux ?) et écrit à la première personne, d’une ascension du Mont-Blanc. De Saussure est un illustre professeur genevois dont le nom est lié depuis des années à la conquête du Mont Blanc. Son récit va faire des émules qui reproduiront pendant un demi-siècle son itinéraire, s’encombrant même d’un baromètre, pour donner des airs d’expédition scientifique à une quête qui reste d’abord une aventure.

Le Journal du Mont-Blanc permet au genevois d’enregistrer les instants où il concrétise un projet initié en 1760. Curieusement peu connu, édité une fois seulement en 1926 et cité dans la remarquable biographie de Douglas W. Freshfield au début des années 20, il est passé presque inaperçu. Non destiné à la publication, ce texte étonne aujourd’hui par sa modernité et son style. S’agit-il alors du journal d’une mission scientifique, d’un exploit physique, d’une aventure, d’un éblouissement esthétique ou d’un rêve d’adolescent ? C’est à chaque lecteur de se faire son opinion, mais l’objet de ce Journal est, comme son titre l’indique, le Mont-Blanc.

Depuis ce jour de 1760 où de Saussure, jeune homme à la physionomie rêveuse venu à pied de Genève à Chamonix, a l’idée d’atteindre le sommet du Mont-Blanc, il a fallu attendre 26 ans pour voir se réaliser son souhait, après une dizaine de tentatives infructueuses et la mobilisation de tout ce que la vallée compte de bons connaisseurs du massif. En 1787, c’est au tour de de Saussure de fouler le sommet le plus haut d’Europe. Presque un mois d’attente dans la vallée, et quelques jours pour réaliser un projet qu’il aura mis 27 ans à se concrétiser. C’est la troisième fois que des hommes réalisent l’ascension. La première, par Michel-Gabriel Paccard et Jacques Balmat, a eu lieu le 8 août 1786 ; et la seconde avec le même Balmat, le 5 juillet 1787. Pourtant l’arrivée de de Saussure au sommet va presque éclipser les autres, si bien que le genevois sera crédité - à tord ! - de la première ascension.

Plusieurs siècles après sa conquête, l’illustre genevois est toujours là sur la place au centre de Chamonix : lunette en main, sacoche et baromètre à ses pieds, sa statue de bronze érigée sur les bords de l’Arve en 1887, regarde vers le Mont-Blanc dans la direction pointée par la main de Jacques Balmat. Si l’arête qui dessine les sommets des trois monts reste la même et continue de fasciner, le décor et les croyances du fond de la vallée ont changé depuis la première visite de de Saussure à Chamonix. Il existe pourtant de forts points d’accroche pour le lecteur actuel du Journal du Mont Blanc et ce qui fait tout son intérêt. Ceux qui, accompagnés d’un guide, sont allés (ou rêvent d’aller) un jour au sommet de cette montagne, seront frappés par la justesse des notes prises par de Saussure au cours de son ascension et au sommet. Et si de Saussure raconte comment vaincre les dangers de la montagne, nous comprenons également qu’il est venu à bout de nombreuses croyances pour atteindre le sommet. Alors qu’il existe à Genève, dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, un véritable art de la mesure (propre à la physique des Lumières ?), ce Journal montre comment de Saussure transforme un monde peuplé d’esprits et d’êtres naturels en un formidable laboratoire.

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